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Du projet à la réalité

Nous sommes à la fin des années 90, "altern.org" était un hébergeur du Web francophone qui offrait d’accueillir gratuitement, sur ses serveurs, des sites internet. Au moment de l’affaire, en 1999, Alter.org n’hébergeait pas moins de 47 634 sites. Un de ces sites avait publié sans autorisation des photos d’un mannequin. La condamnation d’Altern fut une première pour un fournisseur d’hébergement car il fut déclaré comme ayant créé un préjudice direct alors qu’il se contentait de fournir un espace d’expression. Cette condamnation déclencha une réaction en chaîne de plaintes contre "altern.org" qui n’eut plus d’autre alternative que de fermer tous les sites, ne pouvant techniquement, humainement, juridiquement juger de la légalité de chacune des pages délivrées par ses serveurs. Suite à l’expérience d’Altern.org, la nécessité et la volonté d’un petit groupe prédestinèrent à la création d’une plateforme d’hébergement.

L’association Ouvaton, les amis est créée le 2 août 2000 avec pour mission de rassembler la somme nécessaire à la création de la coopérative. 125 kf de capital (19 000 €) sont nécessaires, mais la possibilité d’une libération partielle, permet de lancer le projet avec une somme moindre. L’association a aussi pour fonction de promouvoir le projet ; elle est une base légale en attendant la création de la coopérative. En particulier, l’association entre en contact avec d’autres entreprises de l’économie sociale, en vue de leur participation au capital de démarrage de la coop. Plusieurs d’entre-elles ont répondu présent (Insite, Cosei, Crédit Mutuel mabn, Easter-eggs). En attendant le montage de la coopérative, Ouvaton, les amis propose déjà à ses membres d’être hébergés gratuitement.

Sur le principe, Ouvaton est une SA à forme coopérative, chaque utilisateur en est également sociétaire, propriétaire, ses membres sont des hébergés-hébergeurs. Elle s’appuie sur une ligne architecturale solide qui repose sur les piliers suivants :

  • éthique : garantir la protection des données personnelles et la liberté d’expression sur le réseau ;
  • coopération : permettre que l’intervention de chacun(e) puisse peser sur les décisions à prendre ;
  • solidarité : proposer, sous un toit commun, un hébergement à la fois accessible et aisément adaptable, à coûts partagés ;
  • indépendance : mutualiser les ressources et acquérir une autonomie capitalistique ;
  • ouverture : favoriser l’usage du réseau internet par les personnes qui désirent s’y exprimer.

La coopérative est créée le 7 avril 2001. Les premiers webmestres souscrivent des parts sociales, les entreprises partenaires et l’association Ouvaton, les amis également. Le serveur est connecté dans une salle machine, le service transitoire proposé par l’association bascule vers la coopérative qui à son tour propose ses propres services.

Les sites sont hébergés pour une somme modique (à partir de 12 euros par an). Des nouveaux webmestres qui achètent eux aussi des parts sociales arrivent au fur et à mesure du développement de la coopérative. Si des webmestres souhaitent quitter la coopérative, la ou les parts sociales qu’ils possèdent leur sont remboursées à leur valeur résiduelle, aucune plus-value n’est possible.

Les parts sociales des premiers hébergés-hébergeurs (les coopérateurs) permettent de financer la croissance de la plate-forme technique.

Une plateforme technique qui se cherche

La rencontre entre les auteurs de Vhffs* (logiciel d’administration de notre plateforme toujours en service même s’il a été transformé par la maintenance d’Azuria) et les premiers administrateurs de la coopérative et le choix de ce système intelligent pour porter la plateforme d’hébergement des coopérateurs.

* Cela permet la gestion en cluster des machines et serveurs. C’est écrit en Debian et permet le portage de milliers de sites, dixit Julien, son auteur en chef. Il s’occupe, avec quelques copains, de la maintenance de la plateforme Tux Family, un serveur de sites dédiés à l’élaboration de logiciels libres.

La coopérative incite Julien et les proches de Tux à créer une association puis une entreprise. Elle s’appellera Lost Oasis et c’est avec cette dernière que seront signés les contrats de maintenance : Nous leur cédons la gestion de la baie où nous accueillons leurs machines en échange du prix coûtant pour l’occupation de celle-ci par les serveurs d’Ouvaton et le partage d’1 Mo de trafic offert par Placenet qui est à l’origine de la rencontre.

Plus tard lorsque Placenet nous propose la SA avec les adressages d’IP, nous la laissons aussi à Lost Oasis qui la réclame. Ces deux choix sont motivés par le constat que ces gestions ne sont pas au cœur de nos compétences.

Renouveau

Topo sur migration, changement de DC, changement d’infogérant