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Alexis Braud

Alexis avait souhaité cesser ses fonctions au Directoire à l’automne 2007. Le Conseil de Surveillance, réuni le 13/10/07, lui a demandé de poursuivre son mandat.


Bonjour,

[...] A propos de nos objectifs personnels, pour répondre à l’invitation d’Olivier Zablocki : En tant que "spécialiste" de l’économie sociale mais surtout militant convaincu, je souhaite montrer que le modèle coopératif est à même de fournir une réponse supérieure au modèle capitaliste. Voilà c’est dit ;-) Et comme je m’occupe d’une petite dizaine de domaines, je suis particulièrement intéressé par tout ce qui permettra de les héberger efficacement et au moindre coût. Pour ce qui est de changer la loi, je suis investi dans un mouvement politique et m’implique de ce côté là.

Alexis Braud

Puis, suite à une demande complémentaire de Vincent François

> Peux-tu nous éclairer sur ce que l’économie sociale peut nous apporter en
> terme de structure ? Autant je suis d’accord sur les buts,autant je me sens
> vraiment perdu au-delà de l’Asso-loi 1901 ou de la SARL.
> > Qu’est-ce qui va nous éviter le risque de perte decontrôle ou la lutte pour
> le pouvoir qu’une structure d’hébergeur classique risquede déclencher ?

Les structures commerciales d’économie sociale (différentes formes de coopératives, mutuelles, union d’économie sociale) on cela de particulier que le pouvoir ne dépend pas de la proportion de capital détenu mais du fait de participer. C’est le principe un homme, une voix.

Un autre point est intéressant, en particulier pour les coop. Je le rapelle, une coop est une SARL ou une SA (pas seulement mais bon) qui choisi un mode de fonctionnement particulier. Comme le pouvoir n’est pas lié à la part du capital détenu, il ne sert à rien d’arriver et d’acheter un gros morçeau en espérant renverser la structure en place. Si on veut prendre le cntrôle d’une coop, il faut faire de l’entrisme, arriver à beaucoup, gagner les élections... Ce n’est donc pas (que) une histoire de gros sous. Mais prendre le contrôle d’une coop ne permet pas de gagner de l’argent, car les parts sociales sont remboursées au nominal (et non pas en fonction de la valeur de l’entreprise que l’on peut calculer selon différentes méthodes). Tu achètes une part 50 F, dans 3 ans, si tu pars, on te redonne 50 F, même si entre temps la coop a gagné plein de sous, racheté RapidSite, est devenu l’actionaire de référence de France Télécom ;-) En cas de dissolution de la coop, chacun reprend ses parts, le reste est affecté à une autre coop ou qqch d’autre, selon ce que déterminent les statuts. Chaque année, une partie du bénef est mis en réserve, mais cette réserve est dite impartageable. Elle fait partie du capital social de l’entreprise, mais ne peut être répartie entre ses actionnaires/coopérateurs/membres. C’est souvent une pillule un peu dure à avaler, mais c’est ça qui fait le sens de la coopérative. Pas la peine d’en profiter lorsque je la quitte, j’en ai profité tout le temps que j’y étais en bénéficiant de ses services. Lorsque je part, ce que j’ai contribué à contruire servira aux suivants. Moi-même, j’ai profité du travail de ceux qui étaient là avant moi. Le capital social peut porter intérêt. C’est le point central de la pérennité de la société.

Une coop ne fait pas forcément voeux de pauvreté. Son éventuel bénéficice "distribuable" (càd après réserves obligatoires et paiement des éventuels intérêt sur les parts sociales) est réparti entre les coopérateurs au prorata du montant des opérations effectuées avec la coopérative. C’est la "ristourne proportionnelle". D’une certaine manière, on redonne aux clients/associés le trop perçu lors de la facturation.

En rendant impossible son rachat, la coop présente une bonne défense face aux éventuelles attaques de ses concurents. Le mal peut venir de l’intérieur uniquement (entrisme), d’où un certain nombre de précautions à prendre dans les statuts.

économie social : fondement du pouvoir = la personne
économie capitaliste : fondement du pouvoir = le capital

Donc, il est inexact d’opposer l’économie sociale à l’économie de marché (j’en parle car c’est souvent le cas). L’économie sociale ne s’oppose pas au marché, elle vit avec, intervient dessus, en choisissant un mode de fonctionnement non capitaliste, c’est tout. Le mix économie de marché/économie sociale est autant possible (en théorie) que celui économie planifiée/capitalisme.

Voilà donc (pardon d’avoir été long) en quoi une coop répond bien à mon avis aux objectifs que nous nous fixons.

> Légalement, quelles sont les formes à notre portée ? Est-ce qu’on se
> rapproche d’une mutuelle ? D’une coopérative agricole ? Et dans ces cas,
> quels en ont les points intéressants pour nous ?

Dans la cas présent, nous serions une coop sa. (Pas sarl car limitation à 50 personnes). Pas une mutuelle qui a pour fonction de s’assurer collectivement contre un risque, et non pas de produire qqch. Pas une coopérative agricole non plus :-)

L’exemple le plus connu, c’est la CAMIF, qui est la coopérative d’achat des adhérents de la MAIF (mutuelle d’assurance).

Les organes de direction de l’entreprise sont élus selons les modalités prévues par les statuts par l’ensemble des coopérateurs. Fonctionnement donc sous forme de démocratie représentative.

Alexis Braud